Interview alumni : Lilian VALLET, miroitier à Genève

Interview alumni : Lilian VALLET, miroitier à Genève

À 23 ans, Lilian Vallet incarne la nouvelle génération d'artisans. Miroitier à Genève, il s'est rapidement imposé grâce à ses compétences techniques pointues et à sa remarquable performance lors des WorldSkills. Dans cette interview, il partage avec vous son quotidien, les défis qu'il relève au quotidien, et livre ses conseils aux futurs diplômés.

Pouvez-vous vous présenter ? 

Je m'appelle Lilian Vallet, j'ai 23 ans et je suis miroitier à Genève depuis deux ans. Avant de m'établir à Genève, j'ai travaillé à Lyon, à la Miroiterie TARGE. C'est là-bas que j'ai véritablement appris et pu me perfectionner dans le métier de miroitier. Cette période fut également l'occasion de participer à des compétitions, ce qui m'a permis de gagner en expérience et de m'améliorer significativement.

En quoi consiste votre métier ?

Le métier de miroitier-vitrier s'articule autour de l'agencement intérieur. Il s'agit de réaliser des installations et des fabrications en verre, comme des miroirs, des meubles en verre, des parois de douche ou des garde-corps intérieurs.

Quel est le cadre de votre travail ?

Je travaille au sein d'une petite entreprise qui compte quatre personnes. Nos clients sont très variés, allant des professionnels aux particuliers, et nous intervenons aussi bien sur de petits chantiers que sur des projets de plus grande envergure. Mon expérience dans le métier s'étend sur cinq années, sans compter l'apprentissage.

Quelles sont les qualités requises pour être miroitier ?

Selon moi, il faut avant tout être minutieux et très motivé. Le métier comporte des contraintes, comme le poids important des matériaux ou les intempéries lorsque nous travaillons en extérieur, sous la pluie, le vent ou même la neige.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce qui me passionne le plus est la matière elle-même, le verre. J'aime pouvoir la travailler, la toucher. C'est une matière très différente du bois ou de l'acier, à la fois fragile et solide, ce qui la rend particulièrement intéressante et agréable à manipuler.

Comment s'organise le travail au quotidien ?

Le travail se fait parfois seul, parfois en équipe. Cela dépend des ouvrages. Lorsque nous sommes en équipe, il s'agit généralement de deux à trois personnes, mais il est fréquent que je travaille en autonomie.

Pouvez-vous décrire un chantier type ?

Prenons l'exemple d'une pose de pare-douche. Le processus commence par une prise de mesures précise du support, souvent en collaboration avec l'architecte, pour comprendre leurs attentes. Ensuite, nous commandons le verre, notamment le verre trempé qui est spécifique à cet usage. Une fois reçu, nous effectuons la pose, une opération qui prend généralement entre trois et quatre heures, selon le type de pare-douche. Il nous arrive de réaliser plusieurs chantiers de ce type dans une même journée.

Quel est votre plus grand défi au quotidien ?

Le plus grand défi est d'assurer la satisfaction du client. Il est primordial que le client soit pleinement content du travail réalisé. Bien que ce soit rare, des insatisfactions peuvent arriver, nous faisons donc tout notre possible pour que le résultat soit à la hauteur de leurs attentes.

Rencontrez-vous des difficultés spécifiques ?

Les difficultés proviennent souvent de la gestion des architectes, surtout lorsque nous travaillons sur des projets de luxe à Genève. Ils ne respectent pas toujours les contraintes du verre, et il est parfois difficile de leur faire comprendre que le non-respect de ces limites peut entraîner la casse du matériau.

Comment avez-vous choisi cette voie ?

À l'origine, je n'étais pas destiné à être miroitier, mais menuisier aluminium. C'est au BTP CFA Rhône que j'ai découvert et appris le travail du verre, car la formation en menuiserie aluminium comprenait aussi le verre. Mon bon niveau m'a d'ailleurs permis d'être inscrit par mon professeur à la compétition des WorldSkills. J'y suis devenu champion de France, champion de Luxembourg et vice-champion d'Europe. C'est suite à ces succès que j'ai décidé de me spécialiser entièrement dans la miroiterie. J'ai effectué deux ans de CAP et deux ans de Brevet Professionnel en menuiserie aluminium avant de me diriger vers la miroiterie à Lyon, puis de venir m'installer à Genève.

Comment décririez-vous les WorldSkills ?

Les WorldSkills sont un événement extraordinaire, riche en surprises, où l'on apprend énormément en peu de temps et surtout, où l'on se dépasse. Pour y participer, une présélection est effectuée au niveau régional pour les métiers avec de nombreux compétiteurs. Les premiers de chaque région accèdent ensuite à la compétition nationale. Le vainqueur national représente ensuite la France au niveau européen ou international. C'est une expérience très valorisante pour un apprenti.

Cette compétition a-t-elle influencé votre carrière ?

Dans notre métier, nous ne sommes pas très nombreux, donc trouver du travail est déjà relativement facile. Alors avoir un tel bagage professionnel simplifie encore davantage la recherche d'emploi. C'est un véritable atout pour la carrière, qui motive également les apprentis durant leur formation, en leur offrant une opportunité de se surpasser manuellement.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs diplômés ?

Mon conseil principal est de faire ce que vous aimez. C'est la meilleure approche de la vie professionnelle. Ensuite, il faut toujours chercher à aller le plus loin possible, à ne jamais se contenter du minimum.

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