Interview de Christophe MALDINI, formateur carreleur au BTP CFA de Bourg-en-Bresse

Interview de Christophe MALDINI, formateur carreleur au BTP CFA de Bourg-en-Bresse

À la suite d’un stage décisif en troisième, Christophe MALDINI découvre sa vocation pour le carrelage. Devenu artisan, puis formateur depuis plus de 20 ans, il transmet aujourd’hui sa passion aux apprentis du BTP CFA Bourg-en-Bresse. Entre évolution du métier, importance de l’apprentissage et engagement auprès des jeunes, il partage un parcours riche et inspirant, ancré dans la transmission et l’excellence.

Pouvez-vous vous présenter

Je m’appelle Christophe MALDINI et je suis actuellement formateur en carrelage au BTP CFA de Bourg-en-Bresse. J’accompagne des apprentis du niveau CAP jusqu’au BP afin de les former au métier de carreleur et de les préparer à devenir des professionnels qualifiés.

En quoi consiste le métier de formateur carreleur ?

Mon rôle consiste à former les jeunes, à la fois sur la partie théorique et sur la partie pratique du métier. Je leur enseigne les normes, les techniques, ainsi que tous les aspects technologiques liés au carrelage. En parallèle, je les accompagne en atelier, où ils mettent en pratique ce qu’ils apprennent. Le CFA dispose d’espaces dédiés, avec tout l’outillage nécessaire. Nous sommes là pour compléter leur formation en entreprise, puisqu’ils sont en alternance sur un rythme de deux semaines en entreprise et une semaine au CFA. L’objectif est de les faire progresser rapidement et efficacement pour qu’ils deviennent autonomes sur le terrain.

Quelles sont vos missions principales ?

Mes missions consistent à former les apprentis, les accompagner dans leur progression et faire le lien entre le CFA et les entreprises. Je transmet les compétences techniques, les bonnes pratiques, mais aussi le savoir-être indispensable dans le métier. Je participe également à l’organisation de concours et à la valorisation de l’excellence, ce qui permet aux jeunes de se dépasser, de gagner en confiance et de leur créer des souvenirs inoubliables. 

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut avant tout être passionné par son métier et avoir envie de transmettre. Être formateur, c’est aimer enseigner, accompagner et voir évoluer les jeunes. La patience est essentielle, car chaque apprenti avance à son rythme. Il faut aussi savoir s’adapter en permanence car les générations changent, les méthodes évoluent, et il est important de rester à jour. Enfin, il faut être capable de comprendre les jeunes, de se mettre à leur niveau et de leur donner envie. L’objectif est vraiment de leur transmettre la passion du métier.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

Ce qui me plaît le plus, c’est de transmettre ma passion et de voir les jeunes évoluer. Dans notre métier, la majorité des apprentis sont là par choix, avec l’envie d’apprendre. C’est très gratifiant de les voir progresser, puis de les retrouver quelques années plus tard en entreprise, parfois même devenus chefs d’entreprise. Certains prennent à leur tour des apprentis, ce qui montre que la transmission fonctionne. 

J’apprécie aussi tout ce qui touche aux concours, comme les Meilleurs Apprentis de France ou les WorldSkills. Cela permet aux jeunes de se dépasser et de vivre des expériences fortes. J’aime les voir s’épanouir dans leur métier. 

Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?

Aujourd’hui, le principal challenge est lié au recrutement et à l’avenir du secteur. Il est parfois difficile de convaincre les entreprises de continuer à embaucher des apprentis, notamment dans un contexte économique plus incertain. Pourtant, c’est essentiel pour éviter un manque de main-d’œuvre dans les années à venir.

Un autre défi est de fidéliser les jeunes, notamment en les encourageant à poursuivre jusqu’au BP pour approfondir leurs compétences et élargir leurs perspectives.

Pourquoi avoir choisi cette voie ? Quel a été votre parcours ?

Je n’étais pas particulièrement attiré par l’école au départ. En troisième, j’ai eu l’opportunité de faire un stage chez un carreleur, et ça a été une révélation. J’ai tout de suite su que c’était ce que je voulais faire.

J’ai ensuite suivi un CAP en apprentissage au CFA de Bourg, puis un BP à Saint-Étienne. J’ai travaillé plusieurs années dans la même entreprise, avant de me mettre à mon compte pendant cinq ans en tant qu’artisan. À ce moment-là, j’ai passé un brevet de maîtrise (niveau BTS) pour augmenter mes compétences. La possibilité d’évoluer et de se former ne s’arrête pas à la fin du BP. Elle reste possible, et même conseillée tout au long de votre parcours professionnel. 

C’est ensuite mon ancien formateur qui m’a proposé de le devenir à mon tour. J’ai saisi cette opportunité, et cela fait aujourd’hui plus de 20 ans que j’exerce ce métier.

Pourquoi avoir suivi une formation chez BTP CFA AURA ? Quelles compétences avez-vous développées ?

À l’époque, le CFA de Bourg était simplement le centre de formation le plus proche de chez moi. Mais avec le recul, je me rends compte que c’était une chance de l’avoir à côté de chez moi car c’est une excellente formation. Le CFA joue un rôle de complément à l’entreprise. On y apprend la théorie, mais aussi des méthodes pour gagner en efficacité, comme tracer, découper, optimiser son travail et limiter les chutes. 

C’est aussi là que j’ai compris l’utilité de certaines notions, notamment en mathématiques. En appliquant directement les concepts au métier, tout prend du sens et devient concret.

Quels sont, selon vous, les atouts de BTP CFA AURA ?

L’un des grands atouts, c’est la capacité à donner du sens à l’apprentissage. Les jeunes comprennent pourquoi ils apprennent certaines choses, et cela change tout. Les formateurs sont également issus du terrain. Ce sont des professionnels du métier, avec une vraie expérience. Cela permet d’avoir un enseignement concret et adapté aux réalités du terrain.

Enfin, il existe un excellent lien avec les entreprises. Ce réseau est précieux pour les apprentis comme pour les formateurs. Et la formation est reconnue dans le secteur, ce qui facilite l’insertion professionnelle.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs diplômés ?

Je leur dirais avant tout de choisir un métier qui leur plaît réellement. La passion est essentielle, surtout dans un métier physique comme le carrelage. S’ils aiment ce qu’ils font, il faut persévérer et continuer à se former, notamment en allant jusqu’au BP. Cela ouvre davantage de portes. Ils pourront devenir formateur, chef d’entreprise ou évoluer vers d’autres fonctions. Il faut aussi penser à son avenir et à sa santé, car ce sont des métiers exigeants physiquement.

Avez-vous une anecdote à partager ?

Ce qui me marque le plus, ce n’est pas une anecdote précise, mais plutôt les parcours que l’on voit évoluer. Par exemple, aujourd’hui, un de nos collègues formateurs est un ancien apprenti que nous avons formé. Il a dû se reconvertir suite à des problèmes de santé, et il est désormais formateur au CFA. C’est une belle illustration des possibilités d’évolution dans ce métier, et de l’importance de la formation pour rebondir et construire une carrière durable.

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