Interview de Elodie DANTEC, responsable qualité dans le ferroviaire au Danemark

Interview de Elodie DANTEC, responsable qualité dans le ferroviaire au Danemark

À seulement quelques années de sa sortie d’études, Elodie DANTEC pilote déjà la qualité de grands projets ferroviaires au Danemark. Après un DUT Génie Civil à Chambéry et une licence en alternance, elle a saisi l’opportunité de partir à l’étranger pour construire sa carrière. Entre gestion de projets, communication, défis liés à l’expatriation et apprentissage permanent, elle revient sur un parcours aussi audacieux que inspirant.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Elodie DANTEC, j'ai 26 ans et je travaille actuellement au Danemark chez Aarsleff Rail, une entreprise spécialisée dans les infrastructures ferroviaires. J'occupe un poste que l'on pourrait traduire en français par responsable qualité sur les grands projets.

Je viens de terminer un projet de tramway à Copenhague et je démarre actuellement un nouveau chantier consacré à l'extension de voies ferrées, toujours dans la capitale danoise.

Concernant mon parcours, j'ai obtenu un DUT Génie Civil à Chambéry. À l'époque, il s'agissait encore d'un DUT et j'ai effectué ma deuxième année en alternance. J'ai ensuite poursuivi avec une licence professionnelle spécialisée dans les infrastructures et la construction durable, également en alternance chez NGE.

À l'issue de mes études, j'ai choisi de partir vivre au Danemark. J'ai saisi la première opportunité professionnelle qui s'est présentée à moi et finalement, c'était la bonne.

En quoi consiste le métier de responsable qualité ? Quelles sont vos missions principales ?

Même si mon poste est officiellement orienté qualité, mes missions vont bien au-delà.

Sur mon précédent projet de tramway, je gérais une grande partie des relations avec les fournisseurs. Je m'occupais notamment des commandes de matériel et du suivi des sous-traitants spécialisés qui interviennent dans le secteur ferroviaire. Certains équipements nécessitent des qualifications très spécifiques pour être installés et il faut donc coordonner l'ensemble de ces intervenants.

Je suivais également la conformité des travaux réalisés ainsi que toute la partie documentaire liée aux éventuels écarts ou problèmes rencontrés sur le chantier. Lorsqu'une situation ne se déroule pas comme prévu, il faut documenter précisément ce qui s'est passé, proposer une solution et obtenir la validation des différentes parties prenantes avant toute modification.

En fin de chantier, les équipes se réduisent progressivement et chacun récupère de nouvelles responsabilités. J'ai donc été amenée à intervenir davantage sur le terrain, à suivre les opérations directement sur le chantier et à participer à des missions très variées.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

La première qualité est la polyvalence. Chaque journée apporte son lot de sujets différents et il faut être capable de passer rapidement d'une problématique à une autre.

Il faut également savoir prendre des initiatives. Beaucoup des responsabilités que j'ai aujourd'hui, je les ai obtenues parce que j'ai proposé mon aide ou parce que j'ai souhaité apprendre davantage. Être force de proposition est essentiel. Les projets rencontrent régulièrement des imprévus et il faut être capable de trouver des solutions adaptées.

La communication joue aussi un rôle central. On ne s'adresse pas de la même manière à un client, à un collègue, à un fournisseur ou à un chef de chantier. Il faut savoir adapter son discours selon son interlocuteur.

Enfin, je dirais d’être méthodique. Dans la qualité, il est indispensable de conserver des traces de tout. Photos, documents, mails, comptes rendus… On ne sait jamais quand une information pourra être utile. Sans organisation rigoureuse, il devient très difficile de travailler efficacement.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce que j'apprécie le plus, c'est la diversité. Aucun jour ne ressemble au précédent et il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre.

J'aime aussi les défis que cela représente. Chaque projet est différent et apporte son lot de problématiques à résoudre.

L'ambiance de travail est également un point important. J'ai eu la chance de travailler avec de très bonnes équipes, aussi bien en France qu'au Danemark.

Et puis, il faut être honnête, les conditions de travail et la rémunération sont particulièrement attractives. C'est un aspect qui compte également.

Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?

Le premier a été de m'imposer dans un environnement encore très masculin. Être une femme dans le secteur de la construction peut parfois nécessiter de faire davantage ses preuves. À cela s'ajoute le fait d'être expatriée. Lorsque je suis arrivée au Danemark, je ne parlais pas la langue. Il arrivait que certaines réunions basculent entièrement en danois, ce qui pouvait être frustrant lorsque l'on souhaitait participer aux échanges.

J'ai également dû apprendre à être prise au sérieux malgré mon jeune âge. En arrivant dans une nouvelle entreprise, à l'étranger, sans expérience locale, il faut parfois du temps avant que les autres accordent pleinement leur confiance.

Sur le plan professionnel, le principal challenge reste probablement la gestion du temps. La culture danoise accorde beaucoup d'importance à l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Il faut donc réussir à accomplir toutes ses missions dans le temps imparti, ce qui demande une excellente organisation.

Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Le BTP est un univers que je connais depuis toujours. Mes deux parents travaillent dans ce secteur. Ma mère est directrice d'agence et mon père chef de chantier. Les discussions autour des projets, des chantiers et des travaux faisaient partie du quotidien à la maison.

Très naturellement, je me suis intéressée à ce domaine et j'ai décidé de suivre cette voie.

Concernant le Danemark, c'est une histoire un peu différente. J'ai rencontré un Danois pendant mes études et j'avais déjà envie de découvrir un autre pays. L'opportunité était là, alors je l'ai saisie.

Quant à la qualité, c'est finalement le premier poste qui s'est présenté à moi. Au départ, ce n'était pas forcément le métier vers lequel je voulais me diriger, mais cela s'est révélé être une excellente expérience. J'y ai acquis des méthodes et des compétences que je pourrai réutiliser tout au long de ma carrière.

Quels sont, selon vous, les atouts de BTP CFA AURA ?

L'un des principaux atouts est l'alternance. Elle permet de relier immédiatement les enseignements à la réalité du terrain.

J'ai également beaucoup apprécié la taille réduite de la promotion. Cela favorisait les échanges avec les enseignants et permettait d'organiser davantage de travaux pratiques, de visites de chantier et de sorties pédagogiques.

Nous avions notamment des périodes d'observation sur chantier qui nous permettaient de découvrir concrètement le métier. Ce type d'expérience est particulièrement enrichissant et contribue fortement à la professionnalisation des étudiants.

Si vous aviez un conseil à donner aux futurs diplômés, quel serait-il ?

Je leur dirais d'abord de ne pas trop s'inquiéter s'ils ne comprennent pas immédiatement tous les cours. Le diplôme est avant tout une porte d'entrée vers le monde professionnel. Ce que l'on apprend à l'école est important, mais la majorité des compétences s'acquièrent ensuite sur le terrain.

Je leur conseillerais également d'oser. Il ne faut pas attendre que les opportunités arrivent toutes seules. Il faut aller les chercher. Mon alternance, je l'ai obtenue simplement en appelant une entreprise dont j'avais vu un chantier au bord de la route.

Avez-vous une anecdote à partager ?

Sur un chantier, nous avons découvert un crâne de sanglier en pleine fouille. Comme les terrassiers sont surnommés les « sangliers » parce qu'ils passent leur temps à fouiller la terre, mon chef a décidé de récupérer le crâne et de le fixer sur un piquet avec un casque de chantier posé dessus.

L'objet est resté un moment et est devenu une véritable mascotte pour l'équipe. Une preuve supplémentaire que même sur les plus gros projets, il reste toujours une place pour l'humour.


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